E comme… Epée

epee_crosseL’épée est la maîtresse de toutes les armes, celle qui incarne dans de nombreux symboles militaire la force physique et l’art du combat. Elle n’est pas une arme primitive, à l’image de la massue ou de la hache, mais suggère un certain raffinement dans le travail du métal, l’habileté des artisans qui lui ont donné vie et l’entraînement d’élite sans lequel on ne saurait pratiquer sa meurtrière discipline.

Toutefois, le tranchant de sa lame indique aussi la capacité de séparer de façon précise et définitive le bien et le mal, telle Thémis, déesse grecque de la justice qui a pour attribut, outre la balance, une épée qui l’aide à séparer la culpabilité de l’innocence.

Au Moyen-Âge, le chevalier est frappé sur l’épaule par une épée lors de la cérémonie de l’adoubement, geste symbolisant la séparation de sa vie d’avant l’entrée en chevalerie et celle d’après. La forme de l’épée, proche de celle de la croix chrétienne, l’a désignée comme l’arme des chevaliers croisés et le symbole de la guerre sainte.chevalier_croise

L’épée mythique, souvent donnée à l’homme par des dieux et leur revenant à terme, est mue par la volonté divine.
L’épée acquiert le caractère d’un personnage et est nommée et crainte comme tel. C’est Al Battar (la batailleuse) pour le prophète Mahomet, Balmung pour Siegfried, ou Durendal pour Roland de Roncevaux.

Les guerriers Vikings n’hésitaient pas non plus à nommer leurs épées : Serpent vaillant, Flamme du roi des mers, Glace de guerre, Mordeuse de jambes… L’homme et l’épée étaient à ce point identifié l’un à l’autre qu’à la disparition du guerrier, les premiers Danois coulaient parfois dans une tourbière cette épée animée d’une vie propre.

L’épée est aussi symbole de lumière :

  • Excalibur, l’épée magique du roi Arthur provient du mot celte kadedfoulc’h, qui signifie « dure foudre ».
  • l’éclat de l’épée de Charlemagne aveugle ses ennemis, reprenant la symbolique de l’épée dans la Bible : la lutte spirituelle entre le bien et le mal.

L’épée est l’emblème des divinités guerrières, qu’elles s’appellent Arès ou Mars, Arjuna ou Durga ; elle est l’attribut des rois combattants, des héros, des soldats gentilshommes du 19é siècle, mais aussi celui du sage chinois et du samouraï inspiré par le Bouddhisme zen.

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