Mardi Gras et le Carnaval

Mardi Gras

 

Mardi Gras est la veille du Mercredi des Cendres, ce Mercredi marquant le début du temps de Pâques. Chez les chrétiens, la période de Pâques est l’occasion de se purifier. Les 40 jours précédant Pâques forment le Carême pendant lequel il s’agit de jeûner, de se priver et de prier dans le but d’expier ses fautes.

A la fin du temps du Carême se déroule la fête de Pâques qui célèbre la mort, puis la résurrection du Christ.
Le Mardi Gras était donc le dernier jour où l’on pouvait tuer le « bœuf gras » avant le jeûne. Mardi Gras, par extension, fut l’occasion de faire la fête, de se déguiser et de manger gras.

 

 Le Carnaval

masque

Le mot « carnaval » vient du napolitain « Carnelevare » : lever les mains de la viande (y renoncer), et du toscan « Carnevale ». Vale signifie adieu. Carnevale désigne donc le jour de Mardi gras.

 

Les origines du carnaval sont multiples :

  • Les Saturnales : fêtes célébrées dans la Rome antique en l’honneur de Saturne. Les rôles sociaux y étaient inversés pendant quelques jours. Les maîtres prenaient la place des esclaves et vice versa.
  • Les Bacchanales : fêtes organisées en l’honneur de Bacchus.
  • Les Ploiaphesia gréco-romaine : fêtes du « bateau lâché » ou carrus navalis « char naval », bateau votif destiné au culte méditerranéen de la déesse Isis, mère de la nature honorée au printemps.
  • La fête juive de Pourim qui perpétue au printemps le souvenir biblique d’Esther, jeune juive devenue reine au Ve siècle avant J.C.
  • Les fêtes populaires qui saluaient en Gaule l’arrivée du Printemps et le renouveau de la nature.

 

Il est incontestable que  le recours au déguisement, le renversement de l’ordre établie constituent bel et bien le « fond de commerce » du carnaval.
Considéré comme nécessaire dans l’Antiquité, ce temps des hiérarchies renversées était autorisé.

De l’Empire romain au Moyen Age, l’Église naissante condamne et multiplie les attaques contre ses « turpitudes païennes », ces défilés débridés, « ces danses et chants obscènes. »

Elle s’élève aussi contre l’usage du masque, atteinte grave au créateur, « car l’homme a été fait à la ressemblance de Dieu ».

Mais en dépit de l’acharnement de l’Église, le carnaval atteint son apogée au Moyen Age et à la Renaissance. Le moindre village possède ses traditions.
Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, l’Église s’allie au pouvoir politique pour frapper d’interdit le carnaval, œuvre de subversion aux yeux des maîtres du peuple. Sans grand succès.

Le carnaval est un symbole de renouveau, de régénération et d’abondance. Il est « une soupape de sécurité » face aux mœurs rigides imposées par la société et la religion.

About the Author